Le métier

Conférence des Publications de Psychologie en Langue Française

Cher-e-s collègues,

La FFPP soutient la lettre ouverte rédigée à l'initiative de l'association CPPLF (Conférence des Publications de Psychologie en Langue Française), pouvant être signée à l’adresse suivante : http://urlz.fr/4B4B

Intitulée « Pour une pluralité ouverte dans les recherches, les langues et les formations en Psychologie », elle peut être partagée et diffusée par tous les chercheurs et/ou praticiens qui ne se reconnaissent plus dans les orientations que semble prêt à prendre le CNU 16ème section. En effet, alors que cette instance doit garantir en psychologie « l’indépendance des enseignants chercheurs et la pluralité des spécialités et des paradigmes », il est plutôt question comme choix des prochains critères de qualification de promouvoir « un classement d’éditeur et de réduire le périmètre de la psychologie à un courant anglo-américain », entraînant à terme « une homogénéisation stérilisante de notre discipline ». Les auteurs rappellent que « la mission du CNU est de fédérer les spécialités et de promouvoir la discipline dans sa diversité (article 12-1 du décret n°92-70 du 16 janvier 1992), non de la rétrécir ».

La FFPP a toujours été attachée aux valeurs défendues par la CPPLF dès 2009 face à la liste des « bonnes revues » en psychologie publiée par l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), valeurs qui sont ici mises en danger : la recherche (dans son indépendance et sa liberté), la langue française (3ème langue la plus parlée dans le monde et 2ème langue la plus enseignée en 2015), et la formation (par la pluralité des approches) en psychologie.

Communiqué - Sélection à l’entrée en master 1 : une loi votée et ses suites pour la Psychologie

  

13 et 19 décembre 2016

Sélection à l’entrée en master 1 : une loi votée et ses suites pour la Psychologie

19 décembre

La proposition de loi visant à mettre en place « la nouvelle organisation du cursus conduisant au diplôme national de master » a été adoptée par l’Assemblée nationale le 19 décembre 2016. Cette loi doit achever « le sens de la réforme LMD adoptée il y a près de 15 ans et mettant fin à la situation incohérente d’une sélection entre la première et la seconde année de master au profit d’un recrutement à l’entrée du M1 assorti d’un droit à la poursuite d’études pour tous les diplômés de licence et d’un droit à l’information permettant à chacun de construire son orientation ». Les décrets d’application sont prêts, ils doivent être publiés dans les mois à venir. La loi votée reprend le protocole d’accord conclu le 4 octobre 2016 avec les organisations représentatives des étudiants, des personnels et des établissements, dont les termes ont été approuvés à une large majorité le 17 octobre par le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER). Elle entre en vigueur dès la rentrée universitaire prochaine.

JORF n°0299 du 24 décembre 2016 :

LOI n° 2016-1828 du 23 décembre 2016 portant adaptation du deuxième cycle de l’enseignement supérieur français au système Licence-Master-Doctorat

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/12/23/MENX1631939L/jo/texte

 

Le texte prévoit des mesures transitoires pour deux disciplines : la psychologie et le droit dont les modalités précises restent à définir. Mais les dispositions ne visent qu’à être réellement « transitoires ».

Pour la psychologie le texte précise que  « une réflexion générale sur la filière est nécessaire pour tenir compte de son lien avec une profession réglementée. »

 

 13 décembre 

Le 13 décembre, pour amorcer cette réflexion, une réunion s’est tenue au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (DGESIP (1)) sous le pilotage de Jean-Michel Jolion, conseiller en charge des formations du supérieur et de l'orientation.

 Lien vers le compte-rendu.

 

 

Communiqué : Présentation du plan d’action « bien être et santé des jeunes »

Le 29 novembre 2016, le plan "Bien-être et santé des jeunes" a été lancé en présence du Président de la République et de quatre ministres : Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Ce plan a été élaboré sur la base d’un rapport réalisé par Marie-Rose Moro, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, et Jean-Louis Brison, inspecteur d’académie - inspecteur pédagogique régional. 

Les président(e)s ou secrétaires généraux de la FFPP, de l’ACOP F, de l’AFPEN et du SNP étaient invité(e)s et présent(e)s.

Ce plan comprend un certain nombre de mesures, issues des conclusions de ce rapport, qui seront mises en œuvre par les différents ministères concernés. Plusieurs de ces mesures donneront lieu à des expérimentations futures dans les académies de Versailles, Nancy-Metz et Nantes.

Les grandes orientations du plan d'action sont les suivantes :  

  • L'accès en ligne à des informations de santé fiables et à des ressources géolocalisées
  • Un accès facilité aux consultations de psychologues : le "Pass santé jeunes"
  • Une coopération pluri-disciplinaire
  • Une permanence pour les professionnels des établissements scolaires du second degré et des universités rencontrant des jeunes en difficulté
  • Les maisons des adolescents, piliers du dispositif
  • Des professionnels sensibilisés et formés
  • Un corps unique de psychologues de l'Éducation nationale
  • Des structures de prise en charge psychologique plus nombreuses dans les établissements d'enseignement supérieur
  • La psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent : une discipline renforcée sur tout le territoire.


Une convention nationale a également été signée entre le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministère des Affaires sociales et de la Santé pour promouvoir un pilotage national et local en faveur de la santé et du bien-être des jeunes. Jouer meilleur site de gun games aujourd hui.

Mieux identifier les signes de mal-être ou de souffrance, aider ces jeunes à y faire face, les orienter vers les professionnels compétents, faciliter les interventions précoces, diversifier et améliorer les prises en charge tout en réduisant les inégalités, voilà quelques directions essentielles qui marquent ce plan.

Lors des discours et tables rondes de présentation, les psychologues ont été énormément cités et on peut y voir un indicateur des attentes institutionnelles les concernant, même si le rapport lui-même justifie une attention soutenue pour donner acte à ces engagements. Ces orientations doivent en particulier être mises en lien avec le nouveau statut des psychologues de l’éducation ou l’extension des expérimentations signalées à l’occasion du communiqué FFPP du 8 novembres visant les évolutions potentielles de notre système de soin.

Présentation du plan d’action « bien être et santé des jeunes » le 29 novembre 2016

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Pétition : Pour une pluralité de l'approche scientifique et professionnelle de l'autisme

Le 8/12 décembre, M. Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais va défendre sa proposition pour interdire la pratique et enseignement de la psychanalyse pour la prise en charge de l'autisme.
Nous avons 8 jours pour apporter aux députés qui vont s'opposer à cette proposition le plus grand nombre de signatures.
Merci de signer cette pétition, soutenue par Elisabeth Roudinesco, Pierre Delion et Roland Gori... et de la transmettre à tous vos réseaux: professionnels, citoyens...

FFPP - Communiqué autisme nov. 2016

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Autisme et démocratie

 Le 13 octobre dernier, 94 députés ont déposé une « Proposition de résolution invitant le Gouvernement à promouvoir une prise en charge de l’autisme basée sur les recommandations de la Haute Autorité de santé. » Par cette résolution, ils proposent donc de faire voter par l’Assemblée « une résolution encourageant le Gouvernement français à agir dans le sens des conclusions de la HAS afin de promouvoir une prise en charge effective de l’autisme dans le respect des droits fondamentaux des personnes qui en sont atteintes. »

Dans ce cadre, et entre autres, elle invite le Gouvernement français :

  • à (proposition 10) actualiser d’urgence le contenu de toutes les formations des filières professionnelles et académiques intervenant auprès des personnes autistes afin de les mettre en conformité avec l’état de la science internationale ;
  • à (proposition 14) faire reconnaître sans aucune réserve et officiellement, par la Fédération française de psychiatrie, les recommandations de bonnes pratiques de la HAS et de l’ANESM afin qu’elle renonce officiellement au packing, à la psychanalyse et à toutes les approches maltraitantes ;
  • à (proposition 16) fermement condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes, dans la prise en charge de l’autisme car n’étant pas recommandées par la HAS.

 La FFPP ne peut que réagir au glissement qui s’opère ici incidemment.

 Il relève des missions de la HAS de « définir des recommandations de bonne pratique clinique, des recommandations de santé publique, des études médico-économiques, des guides de prise en charge, à destination des professionnels et des patients. » Les recommandations de la HAS concernant l’autisme, publiées en 2012, avaient suscité un débat important au sein de la communauté des psychologues et au-delà, chez tous ceux qui s’intéressent et s’inquiètent de la prise en charge proposée aux enfants souffrant de troubles autistiques. A la lecture de ses conclusions, d’aucun s’était alors interrogé sur le respect de l’impartialité que requiert ses missions.

 La défense de la pluralité des approches dans la recherche, l’enseignement et la prise en charge des patients est au cœur des valeurs de la FFPP.

 Notamment dans le champ de l’autisme où le spectre psychopathologique et clinique est si large, la seule position déontologique défendable est de conserver une réserve à priori sur ce qui aidera l’enfant. En soutenant, les différentes approches dans leur diversité épistémologique, et dans la manière dont les professionnels, y compris les psychologues, seront formés, et dans les pratiques telles qu’elles seront proposées aux enfants et à leur famille, c’est bien le respect de la question psychique, comme droit inaliénable[1] qui anime la position de la FFPP. C’est en ce sens que la FFPP contribue à l’actualisation du travail de la HAS.

 Que des députés envisagent par la loi d’interdire la référence à une orientation théorique et une pratique spécifique inquiète. Mais notons que le Ministère de l’enseignement supérieur a fixé par arrêté du 4 février 2014 la liste des mentions de master de psychologie permettant l’accent au titre réglementé de psychologue. Parmi ces mentions figure « Psychologie : psychopathologie clinique psychanalytique ». L’obtention du titre de psychologue est l’une des voies d’accès au titre de psychothérapeute, lui-aussi réglementé. Interdirait-on par la loi des pratiques professionnelles reconnues par cette même loi ? Cherchez l’erreur.

 Au final, que des députés s’appuient sur les recommandations de la HAS pour mettre en danger la liberté académique, le nécessaire débat qui préside à toute élaboration et diffusion de connaissances scientifiques et la diversité des pratiques fondées sur celles-ci, touche aux fondements même de la démocratie.

 La FFPP invite toutes les parties qui se reconnaissent dans ces interrogations fondamentales à s’associer à sa dénonciation, de la manière la plus ferme qui soit.

 

[1] En référence au code de déontologie de la profession de 1991, actualisé en 2012 :
http://www.cncdp.fr/index.php/code-de-deontologie/code-de-deontologie-2012

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