Formation des psychologues et stages : la mort annoncée

 

 

Dans le numéro 18 des Brèves de Fédérer (avril 2014), l’éditorial exprimait un certain nombre d’inquiétudes pour la formation. Par ailleurs, la FFPP et l’AEPU avaient invité les collègues des universités et des organisations à deux réunions le 17 mai dernier.

La première réunion portait sur la question de nomenclatures de master et nous rendons compte dans le numéro de Fédérer à paraître (mai-juin) du contexte et des perspectives issues de cette rencontre. Nous osons croire qu’une convergence de réflexion et d‘action trouvera un écho constructif auprès de toutes les parties invitées.

La seconde réunion portait sur les stages et nous envisagions un bilan et des perspectives d’action pour la rentrée à la suite de messages envoyés par plusieurs de nos collègues de différentes universités. Au moment de notre rencontre, nous ne disposions pas des plus récentes données sur les textes en cours d’examen au parlement dont une disposition essentielle (cf. Fédérer à paraître) fixe à 1 mois de stage la période à partir de laquelle l’obligation de gratification est due.

Les craintes que nous avons exprimées, telle qu’elles ont été reprises par l’AEF suite à une interview du début de la semaine passée (cf. Fédérer à paraître) se voient donc plus qu’amplifiées : ces nouvelles dispositions, adoptées au sénat en première lecture le 14 mai, additionnées au risque découlant de la suppression de toute sélection, signent la mort annoncée de nos formations du fait de l’impossibilité de mettre en œuvre les stages de psychologie.
La réglementation prévoit l’obligation de stage de 500h en master, reposant sur une unicité d’encadrement. Il est de la responsabilité de l’Etat d’indiquer comment il peut traiter des dispositions aussi fondamentalement contradictoires sans sacrifier une formation donc une profession, sans engager lourdement sa responsabilité vis à vis des usagers directement pris en charge par les psychologues.

Nous proposons donc d’envisager un mode d’action proportionnel au risque encouru et nous invitons les collègues universitaires, avec le soutien des praticiens, sur la base de cette annonce puis d’un texte à rapidement élaborer et diffuser avec l’ensemble des organisations et syndicats, à envisager la suspension de la mise en œuvre de nos formations de master à la rentrée, en accompagnant cette mesure de tous les moyens d’information et de pression possibles auprès des parlementaires. Jouez aux meilleurs jeux de kizi aujourd hui.

Benoît Schneider
Président de la FFPP

Psychologues de l'Éducation Nationale : Communiqué interoganisationnel 19-03-2014

Les organisations
- AEPU : Association des Enseignants-Chercheurs de Psychologie des Universités
- AFPEN : Association Française des Psychologues de l’Education Nationale
- FFPP : Fédération Française des Psychologues et de Psychologie
- SE-UNSA : Syndicat des Enseignants - UNSA
- SFP : Société Française de Psychologie
- SNP : Syndicat National des Psychologues
- SNUipp-FSU : Syndicat National Unitaire des Instituteurs Professeurs des Ecoles et PEGC – FSU

se sont réunies le 19 mars 2014 pour évoquer la situation des psychologues du premier degré. Il est urgent de donner aux psychologues du premier degré, une reconnaissance statutaire, à l’égal des psychologues du second degré (COPSY).

En conséquence, les organisations signataires demandent avec insistance, pour tous les psychologues de l’Education Nationale, la mise en place rapide :

  • d’un statut de psychologue pour tous les psychologues de l’Education Nationale, comme pour tous les psychologues de la fonction publique
  • d’un corps unique de psychologues de la maternelle à l’université
  • d’un recrutement par concours, externe et interne, ouvert aux titulaires d’un master 2 de psychologie, toutes spécialités, permettant de porter le titre de psychologue.
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Formations des psychologues : risque d'asphyxie

Huit organisations, sur une initiative du SNP, ont difusé ce communiqué le 23 septembre 2013

stage-associations-01

Depuis le mois de juillet, la loi n° 2013-660 fait obligation à tout organisme d’accueil de stagiaires de verser une gratification dès que le stage se déroule sur plus de deux mois.

Les établissements d’accueil se trouvant nouvellement assujettis n’ont pas pu prévoir cette nouvelle dépense.

QUI VA PAYER LA GRATIFICATION DES STAGIAIRES ?

Comment les étudiants pourront-ils effectuer les stages exigés dès la licence et pour la validation du master et l’accès au titre de psychologue ?

La formation des psychologues est dès cette rentrée en grand danger !

Tous les ministères, administrations territoriales et toutes autres fonctions publiques et assimilés concernés doivent s’assurer que les budgets afférents à l’indispensable accueil des stagiaires seront attribués aux établissements d’accueil dont les financements relèvent des fonds publics et garantir l’accueil des stagiaires.

Il y a urgence !

Les organisations signataires exigent d’être rapidement reçues par les ministères concernés.

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Le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a diffusé ce communiqué le 25 octobre 2013

Stage étudiant

Gratification des stages des étudiants dans les collectivités territoriales, les établissements publics de santé et du secteur médico-social: engagement d’une concertation.

Une concertation va être engagée avec les collectivités territoriales, les établissements publics de santé et du secteur médico-social qui doivent désormais verser une gratification aux étudiants stagiaires pour une durée de stage supérieure à deux mois, afin de prendre en compte leur situation budgétaire.

Par amendement parlementaire, la loi relative à l’Enseignement supérieur et la Recherche du 22 juillet dernier a modifié le Code de l’Education en prévoyant le versement d’une gratification aux étudiants stagiaires, quel que soit leur organisme d’accueil, lorsque la durée du stage est supérieure à deux mois.

Cette modification ne concerne pas les stagiaires étudiants médicaux ou paramédicaux comme le précisent les dispositions de la Loi Hôpital Population Santé Territoire.  
L’extension de la gratification concerne particulièrement les stages effectués par les  étudiants travailleurs-sociaux. Cependant, pour la majorité des étudiants qui effectuent des stages dans des associations ou des entreprises, la situation demeure inchangée car ils bénéficient déjà d’une gratification (art. D612-55 du code de l’éducation datant de 2008).

Cette extension de la gratification concerne donc les collectivités territoriales, les établissements publics de santé et du secteur médico-social.
Conformément à la position exprimée par le Gouvernement lors des débats parlementaires, la situation budgétaire de ces organismes doit être prise en compte. C’est la raison de la concertation que nous allons engager avec les organismes d’accueil concernés par cette nouvelle mesure.

Par conséquent, les conventions de stages prévues pour l’année scolaire 2013-2014 peuvent être conclues sans obligation nouvelle de gratification.

Une instruction en ce sens a été adressée ce jour aux Préfets.

(voir le communiqué sur le site du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche)