Sélection en master : où en sommes-nous ?

Sélection en master : où en sommes-nous ?

Depuis l’avis rendu par le Conseil d’État le 10 février déclarant illégale la sélection en master, la situation est confuse. Le ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et le secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et la recherche, Thierry Mandon, ont annoncé la publication d’un prochain décret précisant une liste de masters sélectifs.

Nous avons recueilli un certain nombre d’informations sur les possibles mais la prudence est de mise.

Les présidents d'université devaient faire remonter au Ministère pour le 14 mars dernier une liste réduite de masters sélectifs, légalisés par décret en avril. Mais il s’agirait d’un premier décret, valable pour la rentrée prochaine, susceptible de modifications par la suite. Les objectifs immédiats seraient de parer au feu, en gros, éviter les retours contentieux connus lors de la rentrée 2015-2016.

Ce décret autoriserait la sélection entre M1 et M2 dans quelques disciplines (la psychologie très certainement), ou sous-disciplines (du Droit par exemple). Une voie d’entrée pour le choix porterait sur les professions réglementées et la psychologie est bien perçue comme une discipline qu’il faut traiter de façon spécifique. Nous sommes intervenus de nombreuses fois en ce sens tant auprès du MESR que de la commission pédagogique de la Conférence des Présidents d’Université.
La question de la sélection à l’entrée de M1 ne serait pas annulée, mais reportée à la parution d’un décret ultérieur, après concertation plus approfondie.
Bien évidemment la situation ne peut être que floue. Les positions au sein du Ministère seraient partagées : la volonté d’autoriser la sélection existe, mais l’hypothèse de ne pas l’autoriser du tout cette année en assumant le risque de nouveaux recours aurait aussi été évoquée…

Nous proposions avec la pétition lancée à l’automne la perspective d’un mouvement plus soutenu de la part des responsables de master : la démarche n’a pas été suffisamment suivie malgré le très grand nombre de répondants signataires, mais nous pourrions connaître des lendemains qui déchantent.

Par ailleurs, autoriser la sélection entre M1 et M2 cette année ne garantit en rien une évolution ultérieure vers la sélection à l’entrée de M1.

Il est enfin évident que la position du Ministère est de façon générale très sensible à la réactivité des syndicats étudiants, dont plusieurs cependant soutiennent, comme la FFPP et l’AEPU, le principe de la sélection entre L3 et M1. En plein débat sur la loi visant la modification du Code du travail et au risque perçu de résurgence de mouvements étudiants, il ne faut pas relâcher nos efforts car il y a toujours un risque que les  réponses tardent…

 

Benoît Schneider

Pdt de la FFPP

Communiqué site FFPP/AEPU : Sélection pour l’accès en master de psychologie

Avis du Conseil d’Etat rendu le 16 janvier 2016

Suite aux recours au Tribunal Administratif introduits par de nombreux étudiants  après refus d’admission en master 2 le Conseil d’État a été saisi.
Il confirme le caractère illégal de la sélection, mais il rend l’avis suivant :

(2) (…) Aux termes de l’article L. 612-6 du même code : « L'admission dans les formations du deuxième cycle est ouverte à tous les titulaires des diplômes sanctionnant les études de premier cycle (…) / La liste limitative des formations dans lesquelles cette admission peut dépendre des capacités d'accueil des établissements et, éventuellement, être subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat, est établie par décret après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (…) ».
3. Il résulte des dispositions citées ci-dessus que l’admission à une formation de deuxième cycle au terme de laquelle est délivré le grade de master, en première comme en deuxième année, ne peut dépendre des capacités d’accueil d’un établissement ou être subordonnée au succès à un concours ou à l’examen du dossier des candidats que si cette formation figure sur la liste qu’elles mentionnent ;

La balle est donc dans le camp du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Il doit prendre des dispositions nécessaires pour rendre la sélection possible pour l’accès aux masters de psychologie pour l’ensemble de leurs mentions telles que précisées dans le cadre de la nomenclature des masters. La psychologie, en tant que profession réglementée, justifie une telle disposition. La FFPP/AEPU mettent en œuvre de façon immédiate les démarches nécessaires auprès du MESR pour la rédaction du décret ad-hoc dans les délais les plus rapides.

En pièce jointe : Courrier FFPP/AEPU du 11 février 2016 à Madame la Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche et Monsieur le secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche
Texte complet ci-dessous.

Voir également :

Texte complet :

Paris, le 11 février 2016

Madame la Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche,
M
onsieur le secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche,

Nous venons de prendre connaissance de l’avis du Conseil d’Etat (Section du contentieux, 4ème et 5ème sous-sections réunies) sur le rapport de la 4ème sous- section de la Section du contentieux Séance du 20 janvier 2016 - Lecture du 10 février 2016 relatif à la sélection des étudiants dans les masters.

Dans ce contexte, nous attirons votre attention sur la situation spécifique de la psychologie. Celle-ci est résumée dans le texte de la pétition jointe, signée à l’heure actuelle par plus de 5500 personnes.

Nous attirons votre attention sur le fait que la psychologie est une profession réglementée qui justifie à ce titre des dispositions particulières, dispositions qui doivent viser l’ensemble des mentions de la discipline telles que définies dans l’arrêté du 4 février 2014. Sokiukursai.lt Sokiai Vilniuje vaikams ir ne tik jiems.

Nous demandons à ce que les formations de psychologie apparaissent dans la « liste limitative établie par décret ». De plus, une parution très rapide du décret en question sera seule de nature à permettre de réguler des effectifs pléthoriques. Ceux-ci condamnent en effet des milliers d’étudiants diplômés à ne pouvoir trouver d’emploi correspondant à la longue formation de haut niveau qu’ils ont suivie, augmentant ainsi le nombre de jeunes chômeurs.

Nous sommes à disposition de vos services pour tout échange dans l’élaboration d’un tel décret.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre considération distinguée,

Benoît Schneider, Président de la FFPP (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
et Jérôme Clerc, Président de l’AEPU (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

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Attentats du 13 novembre 2015

communiqué attentats

Suite aux actes terroristes qu’a connus Paris ce 13 novembre, la FFPP présente ses condoléances aux familles, aux proches, aux amis des victimes. Elle assure toutes les personnes touchées par ce drame de son soutien et de sa solidarité et elle rend hommage à tous ceux qui, à titre professionnel ou bénévole, se sont mobilisés pour porter secours aux victimes.

La FFPP fait part de son horreur face à la barbarie terroriste. Elle se joint à tous les citoyens et toutes les organisations et mouvements qui défendent les valeurs de liberté, de fraternité et de partage, luttant ainsi pour préserver la démocratie et les valeurs républicaines.

Nous avons reçu le soutien de très nombreux responsables d’organisations internationales de Psychologie. Ils nous encouragent à nourrir les connaissances dans notre champ qui permettent de mieux comprendre les causes du terrorisme pour y faire face.

Nombreux sont les psychologues à se manifester pour contribuer à une démarche de soutien des enfants comme des adultes et à porter leur attention sur la question du traumatisme psychique pour la comprendre et la prendre en charge.

Concernant les soutiens à apporter auprès des enfants, nous vous invitons à consulter :

- l’interview qu’a accordée Agnès Florin au Café pédagogique « Que faire lundi matin ? »

- l’intervention de Serge Tisseron sur le site Koreus « Faut-il parler des attentats à vos enfants ? »

- l'interview de Hélène Romano du 12 janvier 2015 sur Europe 1 « Attentats : comment gérer le jour d'après ? »

Concernant la contribution des psychologues aux dispositifs d'urgence, nous compéterons prochainement ce communiqué par un document informatif qui compétera les informations ci-dessus.