À petits pas, un grand pas vers les 30 ans d’une profession

En mettant en perspective une série de rapports et plans de santé mentale ayant marqué les deux dernières décennies, G. Mondière, dans le présent numéro de Fédérer (p. 10 du numéro), met en exergue la spécificité du rapport issu de la mission sur « la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie » remis au ministre des Affaires Sociales et de la Santé, le 8 janvier dernier, par le député Denys Robiliard. Au sujet des psychologues et à la lecture des deux préconisations contenues dans la 25ème proposition, elle y voit une « petite révolution » ; le recours au psychologue en première intention et la possibilité d’une prise en charge par l’assurance maladie. De nombreux collègues se sont manifestés, par exemple, par la voie de pétitions plaidant pour une conception large de la santé, un accès aux soins psychiques pour le public, et pour une prise en compte par notre système de santé des actes réalisés par les psychologues. Est-ce l’écho, enfin reconnu, de nos compétences, de notre attachement à une pratique déontologique, de l’engagement que nous prenons chaque jour, pour chaque rencontre, avec chaque personne ?

Dans un autre champ, celui des débats suscités au sein de l’école, les organisations professionnelles et syndicales – pour une large partie de ces dernières – semblent trouver progressivement une cohérence dans leur discours (cf. p. 17 du numéro), en continuité en particulier de la position défendue au sein du Popsyden. Le ministère de l’Éducation Nationale, longtemps fermé, à toute demande pour voir évoluer le statut des psychologues de l’éducation, pourrait entrouvrir la porte. Est-ce le signe d’un frémissement dans des dynamiques longtemps figées ?

Ces deux exemples illustrent et autorisent quelques leçons :

  • un optimisme prudent mais d’indiscutables avancées concernant la reconnaissance de la profession ;
  • la confirmation du nécessaire travail entre organisations professionnelles et syndicales, et avec les psychologues, pour défendre les intérêts de la profession et des usagers, pour déconstruire clivages et représentations sclérosantes ;
  • le courage politique de dépasser les défenses catégorielles ou corporatistes. Smiltelesnamai.lt - seneliu namai Частные дома престарелых.

C’est bien dans cette optique que la FFPP initie et porte des démarches de concertation telles que celle en cours concernant la FPH ou la structuration des diplômes dans le cadre du débat sur la nomenclature des masters ; s’engage et s’associe au mouvement collectif de revendication statutaire des psychologues de l’éducation ; promeut la réflexion interne et externe sur la défense du Code de déontologie en vue de sa réglementation.

Dans un an, notre titre aura 30 ans. Cette étape servira de fil rouge à nos prochains Entretiens de la Psychologie en juin 2015. Mais cette date peut et doit être celle d’un temps de mobilisation de la profession vis-à-vis du public, des instances politiques et de tutelle, et des représentants de la vie civile. Comme annoncé à l’occasion des 10 ans de la FFPP, c’est à nos partenaires que nous adressons une invitation pour un évènement commun au second semestre de 2015 qui marquera cet anniversaire.