La psychologie du jeu à Blackjack Ballroom

Le 16 novembre 2013, environ un an après sa "re-naissance", la coordination PACA a organisé à Nice sa première journée d'étude à destination des psychologues et étudiants en psychologie, sur le thème très actuel de la santé psychique au travail.
D’autres professionnels intéressés, par cette thématique, nous ont contactés et auraient souhaité participer à notre colloque mais nous avons choisi de défendre les valeurs de la FFPP et de dédier notre première journée aux psychologues, en l'ouvrant notamment avec une présentation de la FFPP et de ses actions nationales et locales. Nous avons ainsi pu informer les participants, entre autres, du projet de groupe de travail sur la souffrance au travail proposé par Magali Manzano.

Le pari était un peu risqué et nous craignions que peu de psychologues y assistent. Au final, plus de 60 personnes inscrites, de divers horizons, un nombre tout à fait honorable, d'autant plus qu'il s'agissait de la toute première manifestation à Nice. Certains participants se sont même déplacés d’autres départements que le 06 (83, 84, 13, 30 et 75 !). Ce résultat peut être qualifié de succès, confirmé par les retours positifs des participants et intervenants qui ont montré un grand enthousiasme. Cette journée nous a par ailleurs permis de renforcer nos liens avec le département de psychologie de l'université de Nice.

Il est vrai que sa préparation a représenté un travail très important sur le plan de l’organisation et de la communication : conception de documents tels que la plaquette de la FFPP PACA, les affiches de la journée d’étude, le dépliant avec argumentaire et programme, le questionnaire de satisfaction demandé à la sortie de la journée, préparation et décoration de la salle (aux couleurs de la FFPP PACA : turquoise et violet !), buffet, stands, accueil et déplacement des intervenants venus de loin, répartition des tâches de chacun... Des procédures ont été mises en place, avec également l’aide de Jeannine ACCOCE et l'expérience d'autres régions. Notre équipe comptait neuf organisateurs et quatre hôtesses d’accueil et les intervenants étaient six.
La journée s’est articulée autour de trois volets : économique et social, recherche, pratique et clinique. La formule de présentation en binômes a été retenue. Patrick COHEN, membre du bureau fédéral de la FFPP et de la région PACA et directeur du Centre Régional d'Interventions Psychologiques à Marseille, a été le talentueux modérateur de cette journée d’échanges. Il a également ouvert le premier volet resituant la problématique dans le contexte économique et social actuel, au niveau régional et national, en insistant sur les positionnements et questionnements éthiques du psychologue face au discours économique. Louise SOULIÉ, psychosociologue du travail et des organisations, intervenant auprès du CMTI Santé et Travail 06, a complété cette première partie en proposant un état des lieux de cette problématique et des spécificités territoriales et en adoptant le point de vue du psychologue en médecine du travail, avec les limites que cela implique quant aux interventions possibles. Cette position particulière n'a d'ailleurs pas manqué de susciter des réactions et polémiques parmi le public.
Pour le volet recherche, deux enseignants-chercheurs ont exposé les résultats de leurs travaux sur la question de la souffrance au travail, de façon à partager leurs connaissances théoriques avec les praticiens souvent coupés de l’actualité scientifique. Florence ROLLAND-SAYAH, docteur en psychologie du travail, à partir d'un travail préparé avec Danielle JOUGLARD, également docteur en psychologie du travail et psychologue du travail, a présenté une "photographie" actuelle de l'impact de la souffrance au travail sur la base d'indicateurs chiffrés utilisés en psychologie du travail et nous a montré les apports de la recherche dans une application pratique, avec l'exemple concret de la justice organisationnelle et des pratiques managériales. André QUADERI, psychologue clinicien, enseignant-chercheur et formateur, directeur du département de psychologie de l’Université de Nice – Sophia Antipolis, est intervenu autour d’un de ses axes de recherche en gérontologie, à savoir la souffrance des soignants, soumis aux pressions et incohérences d'un environnement déshumanisé et d'un management lui-même soumis aux contraintes économiques déhumanisantes.

Pour le volet clinique et pratique, Marie-Anne PERREY, psychologue du travail, directrice de la société Calypso-IPRP et Ariane BILHERAN, philosophe, psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie ont croisé leur regard sur un même cas pratique qui traitait d'une situation de plainte concernant des pratiques de harcèlement en entreprise. M-A PERREY nous a fait partager son expérience pratique en présentant ses outils et ses modes d’intervention sur site et en insistant sur la nécessité d'analyse, de prise de distance et de réflexion éthique de la part du psychologue du travail devant avant tout penser son action et lui donner un sens. N'ayant pu se déplacer, Ariane BILHERAN a conclu la journée par son témoignage video sur la place et le vécu du psychologue consultant en situation d'audit, lui-même en souffrance ; elle a rappelé les risques de certaines situations (isolement, perte de neutralité, manipulation...), les limites du psychologue mais aussi les ressources auxquelles il peut et/ou doit avoir recours, telles que la supervision et/ou la concertation en équipe avant toute prise de décision.
Chacun des volets a été suivi d’un échange-débat avec le public, peut-être trop bref ; le dernier s'est conclu par une table ronde réunissant les intervenants de la journée en interaction avec la salle dont les réactions ont révélé de nombreux questionnements et doutes autour notamment de la déontologie et de l'identité du psychologue.

Cette formule et l'idée de rassembler des regards, orientations et fonctions de psychologues différents autour d’une même problématique est en fait un concept nouveau à Nice ; il s'agissait d'une première ! Ce qui est ressorti du colloque est que notre « plus » résidait justement dans ces notions de rassemblement et diversité à la fois, peut-être pourrions-nous dire de diversité et identité(s) dans le rassemblement, ce qui prouve le bien fondé des valeurs de la FFPP ! always buy credit card dumps their presence guarantees success
Cette manifestation a ainsi permis de mettre en évidence la présence de besoins chez les psychologues de la région : rassemblement, appartenance à une communauté, identité(s), reconnaissance, échanges mais également de grandes peurs, fragilités et méfiance qui ont pu surprendre certains intervenants, tels que M-A PERREY par exemple, vivant une réalité bien différente à Grenoble ou Paris.

Le dépouillement de nos questionnaires de satisfaction a par ailleurs confirmé l'impression positive suite au colloque : la majorité des participants se dit satisfaite quant au programme, à l'organisation et l'accueil. Ce questionnaire a également mis en évidence de grands besoins de formation et échanges au sein de la population des psychologues présents qui semblent "assoiffés" de rencontres de tout type. Il a malheureusement confirmé une méconnaissance de la FFPP et de ses actions ainsi qu'une faible intention d'y adhérer. À nous donc de rendre la FFPP plus "attractive" en poursuivant nos efforts de communication et ouverture !

En réponse aux attentes des psychologues de la région, nos projets pour 2014 sont nombreux : mise en place de groupes d’intervision et interformation entre adhérents, groupes de travail sur thématiques diverses, organisation de conférences-débat, renforcement de notre collaboration avec le département de psychologie de l'UNS, ouverture vers d’autres organisations et professionnels. L'idée d'un découpage de la région en est/ouest avec mise en place d’une délégation ouest est également en train de prendre forme.
Par l'organisation de cette 1ère journée, nous nous étions lancé un défi, avec le pari un peu risqué, selon plusieurs psychologues, de parvenir à réunir autour d'une même problématique des psychologues d'horizons différents... et nous l'avons gagné !

Ce sont les psychologues de la région qui nous en lancent un à leur tour : répondre à leurs besoins et attentes, que nous avons en partie stimulés. Il s'agit maintenant de nous montrer à la hauteur de ceux-ci en nous mettant au travail dès à présent ! Tout un programme pour 2014 !...