La psychologie du jeu à Blackjack Ballroom

Le 15 et le 16 octobre dernier a eu lieu à Rome une réunion de travail de RAN (Radicalisation Awareness Network). RAN, financé entre autre par le Conseil de l’Europe, mène depuis quelques années une réflexion sur les problématiques de la radicalisation et du terrorisme.

Cette dernière réunion de travail, grâce à l’intervention de victimes d’actes terroristes, a permis de réaliser une analyse des interventions suite, entre autres à deux graves évènements en Italie : l’attentat de la gare de Bologne en 1980, et l’attentat de la Piazza Fontana en 1969.
Avec l’expérience, il ressort que le rôle de la victime résiliente et porteuse de projet de sensibilisation à la lutte contre la radicalisation est primordial et fondamental dans des actions de prises de conscience.

Cependant, comme le rappelle Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l’Association Française des Victimes du Terrorisme, il ne faut pas culpabiliser, ni dénigrer les victimes qui ne peuvent pas témoigner ou intervenir dans un but éducatif et/ou dans un but de sensibilisation.
Ce rôle est extrêmement difficile à tenir en plus de l’identité étouffante de victime qui tombe comme un couperet, sans prévenir et sans possibilité de s’en échapper.

Nous pouvons même ajouter à cette précision importante qu’une réelle notion de respect est à garder présente à l’esprit lorsqu’il s’agit d’accompagner ou de prendre en compte l’histoire de victimes du terrorisme. Ces passages à l’acte terroristes sont extrêmement violents et par ailleurs aveugles, perturbant de ce fait inévitablement tout fondement civilisé.

Ce réseau de professionnels Européens intervenant dans le registre de la sécurité intérieure et extérieure, dans le registre social, dans le registre juridique, dans le registre politique, et dans le registre éducatif, confronte régulièrement les expériences et les expertises, pour s’efforcer d’anticiper sur les phénomènes de radicalisation.

La première réunion des réseaux Européens a eu lieu à Paris en 2012. Des sous-groupes s’y sont constitués travaillant tant sur la réaction face à la radicalisation que sur une anticipation sur le phénomène de radicalisation.

Lors de ces travaux, la place donnée aux victimes dans le processus d’anticipation et de lutte contre la radicalisation est unanimement reconnue comme étant primordiale. Hélas, par ailleurs, le climat de crise économique et sociale semble aussi un terreau à la radicalisation.

Ce réseau Européen, mandaté par le Conseil de l’Europe, s’inscrit dans une approche humaniste avançant quelquepart dans les valeurs de la civilisation opposées à la barbarie. Nous nous sommes tous accordés à penser que notre prochaine réunion sera à nouveau fructueuse et riche en échanges.

(Dominique Szepielak est chargé de mission FFPP "Crises et Désastres")