petit traite espaceUn ouvrage de Michel Denis, chercheur en psychologie cognitive, il a étudié principalement les processus de représentation mentale mis en œuvre dans l’imagerie visuelle et dans la connaissance de l’espace

Tout être vivant inscrit son activité dans l’espace. Environnements proches accessibles à notre vue, environnements lointains, villes, continents… Nous explorons l’espace en le traversant, mais aussi en écoutant les descriptions qui nous en sont faites, en étudiant cartes, atlas ou supports numériques. Nous mémorisons des itinéraires, nous comparons des distances, nous retrouvons notre point de départ après un long trajet. Nos capacités de raisonnement nous permettent d’imaginer des raccourcis, de créer de nouveaux parcours, en un mot, de manifester notre adaptation à l’environnement. Les technologies numériques étendent cette capacité en offrant à l’individu de nouvelles formes d’assistance au déplacement.

Quelles capacités mentales l’individu doit-il mobiliser lorsqu’il est confronté à l’espace? Quelles fonctions cérébrales met-il en œuvre? La psychologie et les neurosciences jouent un rôle primordial pour répondre à ces questions, comme en témoignent plusieurs chapitres de ce livre. Mais un ouvrage consacré à l’espace doit aussi donner leur place à d’autres disciplines concernées par la question: la géométrie, la géographie, l’urbanisme, l’architecture, la peinture, le cinéma, etc. Les sciences du langage participent elles aussi à ce concert scientifique, lorsqu’elles analysent la manière dont l’art littéraire est mis au service de la description de l’espace. Enfin, les systèmes d’aide à la navigation, la robotique, la réalité virtuelle constituent des domaines privilégiés d’application des connaissances touchant à la représentation de l’espace.

L’espace est donc au carrefour de nombreuses disciplines. Dans ce concert scientifique, le rôle fédérateur de la psychologie est important. En outre, la psychologie contribue à la compréhension des fonctions mentales liées à l’espace, mais aussi à celle de leurs altérations. C’est ainsi que le livre fait le bilan des différentes formes de déficits susceptibles d’affecter la connaissance de l’espace: désorientation topographique, maladies neurodégénératives liées au vieillissement, lésions cérébrales spécifiques, anxiété spatiale. L’ouvrage inclut une analyse des différentes formes de handicaps cognitifs et locomoteurs et consacre une large part aux problèmes posés par la connaissance de l’espace en l’absence de vision, en passant en revue les formes d’aide au déplacement conçues à l’intention des personnes aveugles.