ill articles85 01La création du corps des PsyEN au cours des années 2015 et 2016 a été ponctuée par des avancées relatives compte tenu des nombreuses résistances qui se font encore jour.

Le 1er juillet 2015, la ministre annonçait par un communiqué la création de ce corps. Lors d’un colloque organisé par l’AFPEN (Association Française des Psychologues de l’Éducation Nationale) fin septembre 2015, elle réaffirmait cette volonté politique en rappelant l’importance de la psychologie à l’école et la nécessaire présence des psyEN au sein de l’institution afin d’établir des liens et donner du sens au parcours scolaire des jeunes. Le moment était venu, selon elle, de mettre fin à l’ambiguïté de la situation par une reconnaissance statutaire des psychologues du premier degré attendue depuis plusieurs décennies.

Aux textes fondateurs de ce corps, issus du groupe de travail n°14 du chantier des métiers de l’Éducation nationale, sont venus s’ajouter deux référentiels et plus récemment l’organisation d’un concours permettant l’accès à une sixième année avant l’entrée dans ce nouveau corps.

Le référentiel d’activités (novembre 2015) concernant les deux spécialités « éducation, développement et apprentissages » et «éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » stipule que les PsyEN participent à la lutte contre les effets des inégalités sociales et inscrivent leur action au bénéfice de la réussite scolaire pour tous. Ils apportent un appui spécifique aux enfants, à leurs familles et accompagnent les équipes éducatives dans la prise en compte de l’évolution psychologique et sociale de chacun. Ils contribuent ainsi à favoriser une approche bienveillante de l’école.

Le référentiel de connaissances et de compétences (avril 2016), en accord avec les recommandations du parlement européen, regroupe un ensemble de connaissances et d’aptitudes nécessaires à l’exercice de la profession de psychologue dans l’institution scolaire. Cela implique la réflexion, la créativité, l’initiative, la résolution de problèmes et la prise de décision en fonction des besoins des enfants et des adolescents.

L’ensemble des textes cadres à la création de ce corps a abouti plus récemment à l’annonce et à l’organisation d’un concours interne et externe du PsyEN (juin 2016) qui sera ouvert aux personnes justifiant d’une licence de psychologie et inscrites ou titulaires d’un master 2 de psychologie. Il sera organisé au premier semestre 2017. L’obtention de ce concours ouvrira à une année de formation spécifique qui se fera en École Supérieure du Professorat et de l’École (ESPE), en centre de formation et sur le terrain [Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en difficulté (RASED) ou Centre d’Information et d’Orientation (CIO)] par un stage d’immersion en milieu professionnel.

Lors de son intervention fin 2015, la ministre et son chargé de mission évoquaient l’écriture d’un décret statutaire pour le printemps 2016. Ce dernier a été repoussé au second semestre afin d’inclure le référentiel d’activités et les éléments de carrière issus du Parcours Professionnel Carrière et Rémunération (PPCR), soit les nouvelles grilles indiciaires revalorisées, les nouvelles possibilités de déroulement de carrière et les nouvelles modalités d’évaluation.

Seule la validation de ce décret en conseil supérieur de l’éducation puis en conseil d’état permettra d’envisager des perspectives au-delà des clivages actuels (internes au ministère et aussi entre organisations professionnelles et syndicales) qui en ralentissent la création.

Dans l’histoire de ce corps, l’essentiel semble écrit. Il faut à présent passer à l’application mais la marche est encore haute et le chemin comporte beaucoup d’incertitudes et de modalités de fonctionnement à résoudre.

Ce qui importe à nos yeux est la qualité de la formation initiale des psychologues, le parcours complet en psychologie et l’ouverture du concours à tous les champs de la psychologie. Il semble également important de garantir une réelle cohérence des parcours au sein de ce nouveau corps de fonctionnaires avec un déroulement de carrière spécifique.

Nous souhaitons une formation continue régulière indispensable, afin de répondre au respect des règles élémentaires du code de déontologie des psychologues avec un contrôle étroit de son application au sein de l’Éducation nationale par des responsables dûment désignés et référents au sein du ministère et dans les différentes académies.

Jacques Garry et Caroline Villaret
Psychologues, membres de la commission éducation FFPP