Qu’est-ce que le traumatisme ?

EPEP FORM TRAUMATout un chacun peut être confronté à un événement qui va provoquer une émotion interne violente, difficilement verbalisable et même pensable. L’événement constitue alors une sorte de choc qui vient dépasser les défenses habituelles normales de la personne. Les émotions sont telles qu’elles franchissent, en quelque sorte, les digues habituelles qui permettent d’élaborer notre quotidien. C’est d’autant plus vrai que l’événement était imprévisible. Le plus souvent cet afflux massif d’émotions va pouvoir être appréhendé secondairement par la personne. Lorsque le choc est majeur, qu’il se double d’un impact symbolique fort et qu’il est pris dans un contexte de violence dans la réalité important (guerre, attentats, actes de violence sur le corps…), il existe un risque, pour la personne qui en est victime mais aussi pour les personnes qui ont été témoins des actes et qui n’ont pu réagir, de se sentir, même à distance de l’événement, « traumatisées » par ce qui s’est passé. Il n’est pas possible de prévoir à l’avance l’impact traumatique d’un événement, ni les ressentis. Il n’est pas non plus possible de présager des capacités de mobilisation des défenses psychologiques ou des ressources de chacun. Les premiers recours sont l’entourage ou les services et dispositifs officiels si le traumatisme est immédiat. Dans un second temps, si les personnes sont inquiètes pour elles-mêmes ou leur entourage, elles peuvent consulter des professionnels, psychiatres ou psychologues.

Repérer :

Vous ou l’un de vos proches se posent des questions sur ce qu’il a vécu ou sur ce qu’il a vu ; nous vous proposons ici quelques signes qui peuvent témoigner d’une difficulté à dépasser l’événement traumatique.

La rémanence de flashback : ce sont des images, des souvenirs, particulièrement vifs qui reviennent en permanence à l’esprit de la personne et peuvent être revécus comme si la personne était à nouveau plongée dans la réalité qui a fait choc traumatique. Cette personne se sent envahie et interrompue dans le fil de sa pensée et dans ses actions par ces images.

Les troubles du sommeil sont fréquents : sommeil agité, réveils inhabituels plusieurs fois par nuit, décalage de l’endormissement, arrivent souvent juste après le choc traumatique. Si, dans la durée, des troubles du sommeil s’installent : insomnies, hypersomnie ou cauchemars récurrents, provoquant le réveil, et que ces signes s’ajoutent à d’autres, une consultation devient nécessaire.

La personne peut se sentir en permanence inquiète, sur le « qui-vive », et fortement angoissée. Elle peut avoir des sursauts ou des craintes par rapport à certains bruits et être dans l'évitement de situations ou de lieux.

Une fatigue psychique peut s’installer et il n’est pas rare d’observer des troubles mnésiques. Les changements d'humeur brutaux, l'irritabilité, les changements au niveau du comportement alimentaire et dans les rapports sociaux correspondent également à des signes de mal-être intérieur.

Le choc traumatique a ceci de particulier qu'en plus de dépasser la capacité d'intégration psychique de la personne, il paralyse les possibilités de réaction psychiques et physiques. Ce phénomène de paralysie au moment du choc fait naître un ressenti de honte ou de culpabilité et lorsque celui-ci persiste dans le temps, il rend difficile l'accomplissement des tâches de la vie quotidienne.

Quelques propositions :

Suite aux derniers événements, nombre de personnes ont été touchées directement ou indirectement. Dans ces moments de douleur, de deuil, d’incompréhension et de désarroi, les personnes ressentent parfois le besoin d’évoquer leurs questionnements internes avec d’autres. Lorsque la peine est difficile à contenir, qu’au contraire la personne s’isole ou que se manifeste un besoin d’échanger de manière plus confidentielle au sujet de la tragédie vécue, il est possible de s’adresser à des professionnels. Les psychologues ou les psychiatres spécialisés, possédant une formation reconnue et une expérience avérée dans le domaine des traumatismes psychiques, sont à même d'être sollicités dans ces circonstances.

Psychologue : une profession réglementée et responsable

Cadre de l’exercice professionnel des psychologues

Pour exercer en tant que psychologue, il faut avoir obtenu le titre professionnel après avoir suivi un cursus complet en psychologie : licence de psychologie ; master de psychologie complété par un stage de professionnalisation. Le psychologue a donc un diplôme reconnu sanctionnant un parcours universitaire de 5 années en sciences humaines et sociales.

L’usage professionnel du titre de psychologue est défini par l’article 44 de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985. L’inscription sur les listes ADELI est une obligation faite aux psychologues – article 57 de la loi n°2002-303 du 4 mars 2002.

Le psychologue conduit ses actions en se référant à son code de déontologie adopté le 22 mars 1996 et actualisé en février 2012. Ce document pose les règles déontologiques d’exercice du métier (http://cncdp.fr/index.php/code-de-deontologie). Il peut par ailleurs se référer pour toute question déontologique à la Commission nationale consultative de déontologie des psychologues dont la mission est d'élaborer des avis consultatifs à partir de ce code (CNCDP : www.cncdp.fr).

Selon son lieu d’exercice, le psychologue est soumis aux règles professionnelles de l’institution qui l’emploie. De nombreux psychologues interviennent dans les dispositifs d’urgences, notamment les CUMPs.

Actions des psychologues

Dans le cadre des attentats, les psychologues, en institution ou en exercice libéral, peuvent être sollicités. Il relève de leur déontologie de s’assurer de leurs compétences pour pouvoir conduire des actions de soutien (art. 5 et 6 du Code). Ils peuvent intervenir dans la prévention, la prise en charge (soutien et accompagnement psychologique) et auprès des équipes et des professionnels (éclairage psychologique, supervision, échanges entre pairs, débriefing…).